Voyages

Friday 5 June 2009 - C'est fini!

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   Nous n'avons quasiment pas dormi mais c'est vers 9h que nous nous levons, pour le petit-déjeuner. Pas mieux qu'à l'auberge précédente, à part quelques fraises en plus. Je me douche, fais mon sac. Routine matinale. Je passe ensuite du temps sur internet.

   En sortant nous commençons la journée par un zapiekanka sur la place de Kazimierz, le lieu même de notre premier zapiekanka. Ananas pour moi (ça passe assez bien, avec le fromage et les champignons), poulet pour Bastien. Ensuite nous nous posons sur la Rynek Glowny. Il fait assez beau, nous faisons des photos. Beaucoup de jeunes, de groupes scolaires. J'apprendrai un peu plus tard que le mois de juin est consacré aux sorties scolaires en Pologne. Nous achetons un assortiment de chocolats à Wedel pour nos hôtesses avant de retourner pour la dernière fois chez Bogusha and co. Elle est bien allé à son examen d'espagnol à 9h, qu'elle a chié, normal, en ayant dormir dans les deux heures. Je les aide un peu à préparer à manger. Au menu: galettes de pommes de terre, accompagnées de quelques salades et sauces. Nous passons tous un bon moment.

   A 16h, Bastien et moi retournons sur la place pour revoir Agata. Malheureusement, à peine sorti de l'immeuble, elle nous envoie un message pour nous dire qu'elle est coincée au boulot et ne peut pas se libérer. Dégoûté. Bastien et moi, pauvres âmes solitaires, prenons alors une dernière bière  à la  terrasse d'un café. Avant de retourner chez Bogusha pour le dessert, et aussi parce qu'on y a laissé nos affaires, nous achetons des fleurs: trois roses et un bouquet de fleurs variées.

   De retour à l'appartement, Karolina et Bogusha paraissent très contentes des fleurs. Maria est partie passer son examen. Nous mangeons du gâteau, deux sortes en fait. Très bon. C'est le moment de se quitter. Personne ne bouge, personne ne parle. On se regarde, s'observe. Je prends les choses en main. Finalement tout le monde s'embrasse et nous sortons, nos sacs sur le dos. Direction la gare, où un train très lent nous emmène jusqu'à l'aéroport.


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Thursday 4 June 2009 - Dernière soirée

Publié dans Pologne

   Après avoir passé une bonne partie des dernières vingt-quatre heures à dormir, nous nous éveillons tranquillement. Un coca pour petit-déjeuner, nous faisons nos sacs. Dehors on peut enfin apercevoir les montagnes, magnifiques. Mais le ciel est encore menaçant et la pluie finira par tomber tôt ou tard. Nous décidons de rentrer. Je suis extrêmement déçu.

   De retour à Cracovie, nous nous gavons au Green Way, une petite chaîne de restaurants végétariens. Une petite dizaine d'euros dépensée pour deux, c'est beaucoup ici. Mais nous nous remplissons la panse comme il faut: soupe, plat principal, dessert. Nous filons ensuite à Kazimierz pour trouver un hostel (une auberge de jeunesse, quoi). Le second est le bon. Il n'est pas dans le Routard, et ne mérite pas spécialement d'y figurer, du moins pas encore. Mais c'est dans nos prix, il y a internet gratuit (sur des macs, à signaler) et le petit-déjeuner est compris. Nous prenons deux lits en dortoir, dortoir rien que pour nous. Je me douche, Bastien surfe sur internet et nous sortons. IL pleut un peu.

   Petit tour de tram jusqu'au nord-ouest de la ville pour retourner au musée de la Gestapo, musée situé dans les bâtiments qu'occupait la Gestapo pendant la seconde guerre mondiale. Cette fois-ci il est ouvert. Il y a de nombreuses photos de Cracovie pendant la guerre relatant surtout la résistance de la ville. Si Cracovie n'a pas été bombardée c'est parce qu'elle abritait de nombreuses organisations nazies. On peut y voir aussi des armes, assez impressionnantes, des photos de gens célèbres, résistants ou nazis (comme Amon Goeth, qu'on peut voir sous les traits de Ralph Fiennes dans La liste de Schindler). A la sortie de l'exposition, pendant que Bastien fume une cigarette, je jette un coup d'oeil dans le Routard. Il me semble que l'on peut voir des cellules dans ce musée. Nous y retournons, justement lorsque les cellules ont été ouvertes pour d'autres visiteurs. Les murs des cellules sont recouverts d'inscriptions des gens emprisonnés ici. Ils étaient interrogés, torturés, parfois jusqu'à la mort. Emotion garantie.

   Après ça, je n'ai envie que d'une chose, retournez au Wedel! Cette fois-ci, nous prenons des boissons chaudes au chocolat blanc, avec noix de coco pour moi et noisettes pour Bastien. Deuxième tournée, nous prenons tous les deux un chocolat classique en mousse avec glace à la vanille. Imparable. Retour à l'hôtel quelques temps avant de rejoindre du monde dans un bar à deux pas, sur la place de Kazimierz.

   Je laisse Bastien se poser au bar pour voir un vernissage dans une minuscule galerie. Quelques peintures, des photos, une vidéo qui ne tourne plus. Du vin. Rien de bien incroyable. Je rejoins Bastien au bar Singer, un bar où les tables sont des machines à coudre Singer. Bogumila et Karolina nous rejoignent, la soirée commence tranquillement. Maria nous rejoint un peu plus tard, après que Bastien lui ai passé un coup de fil pour lui faire une offre qu'elle ne pouvait pas refuser, malgré un examen le lendemain après-midi. Elle ne souhaitait pas venir. Bogumila, quant à elle, a un examen tôt le matin.

   Un peu plus tard nous passons dans un second bar, l'Alchemia, belle décoration une fois de plus. Bonne ambiance. Les filles demandent des cocktails aux noms marrants. C'est ce que je demande au barman après avoir fait la queue un moment. Il prépare trois cocktails différents, je ne sais pas leurs noms, mais les filles sont contentes du résultat. Elles nous offrent un second cadeau, similaire au premier, pour que nous ayons chacun un souvenir d'elles. Trop mignonnes. Je leur écrit un poème, improvisé mais correct. Puis chacun à notre tour, Bastien et moi écrivons une lettre d'excuse pour Bogusha, au cas où elle aurait un problème avec son prof d'espagnol le lendemain matin. Enfin, le jour même plutôt.
Nous sortons, Bastien a faim et veut un zapiekanka. Il y a la queue, nous y rencontrons deux anglais de passage. Nous discutons un moment, plus de zapiekanka. Il en trouve un ailleurs. Nous décidons de tous retourner au bar Singer, avec les anglais. Nous continuons notre soirée jusqu'à l'aube. Bastien et moi laissons les filles pour retourner à l'auberge dormir un peu. Elles nous ont invité à déjeuner, enfin, à dîner d'après elles, un dîner à 14h le lendemain, dernier jour de notre voyage.


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Wednesday 3 June 2009 - Déception montagneuse

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   Je me lève difficilement, ayant peu dormi, mais je me sens mieux. Je range mes affaires en silence, tout le monde dans la chambre dort encore. Un brin de toilettes. Le petit-déjeuner est compris, vraiment pas super. Pour moi, un thé, un smecta chaud et une tartine de confiture.

   Quelques minutes plus tard je rejoins Bastien, qui a bien fait la fête cette nuit, devant l'Empik. On marche jusqu'à la gare routière pour prendre un bus direction Zakopane, dans les Tatras, de jolies montagnes au sud de Cracovie. Historie de s'oxygéner un peu, de voir de beaux paysages, d'éliminer l'alcool.

   Après deux heures et demi sur les routes, nous arrivons sous une pluie torrentielle à la gare routière de Zakopane. Durant le trajet, j'ai à peine vu les montagnes enneigées, bien que nous en sommes à seulement quelques kilomètres. La vue est bouchée par un grand flou gris et humide. J'achète une carte des sentiers au minuscule office du tourisme puis nous marchons jusqu'à un grand hôtel abordable, Dom Turysty. Le bâtiment en pierre est très beau, et l'intérieur est correct, très vaste. Je pense forcément à Shining. Il n'y a plus de place en dortoir alors nous prenons une chambre twin, sans salle de bain ni téléviseur, pour environ 13 euros. C'est quand même chouette de passer une nuit à l'hôtel.

   Quand la pluie cesse enfin, nous sortons faire un tour dans la ville. Tout le monde a la même idée, et les quelques rues principales sont vite envahies. Zakopane ressemble à n'importe quelle station touristique de montagne: plein de gens, des magasins partout, de la bouffe de qualité médiocre à prix élevé. Tous les vendeurs nous tirent la gueule, peut-être à cause du climat. Nous goutons à la spécialité de la région, un fromage bizarre. Bastien n'aime pas du tout. Pour moi, c'est okay. Je mange un peu plus loin, enfin. Un petit tour sur internet, et nous rentrons faire la sieste.

   Au réveil, à 19h, il pleut à nouveau. Monfils a perdu contre Federer. Le restaurant de l'hôtel est déjà fermé. Nous prenons pour dîner un cherry coke au distributeur. Un moment à regarder la télévision polonaise dans une horrible salle commune avant de retourner dans notre chambre. Je lis jusqu'à 21h. Bastien dort déjà.


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Tuesday 2 June 2009 - De Wroclaw à Cracovie

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   Quand Jasiek se lève, très tôt, j'en profite pour le prendre en photo avec Kasia, encore endormie. Depuis le début du voyage, j'ai toujours pris en photo nos hôtes, avec mon polaroid SX-70, collant ensuite la photo sur un petit cadre noir improvisé. C'est pas super, mais je suis pas chez moi. Jasiek part, je le remercie, il me remercie aussi, je sais pas pourquoi. Et pendant que Bastien et Kasia dorment, je prépare donc notre petit cadeau, pas terrible, et vais sur internet. A 9h, Kasia et Bastien se lèvent. Nous prenons le petit-déjeuner, léger pour moi, malgré la faim; puis un bus, puis un tram, pour aller voir le panorama Raclawicka, un des trucs à voir ici. Kasia nous aide à avoir des billets pour tout de suite, car il y a du monde et la séance suivante est à 14h. Puis elle nous quitte. Avoir été reçu par Jasiek et elle, c'était un peu comme être à la maison, et nous avons passé du bon temps en leur compagnie.

   Le panorama est une toile cylindrique de 120 mètres de long et 15 mètres de haut déroulée à l'intérieur d'un bâtiment cylindrique, retraçant une bataille de l'insurrection de Kosciuszko de 1794 contre les russes. Nous avons droit à un audio guide qui relate très bien cette bataille en français. On apprend notamment que la toile contient environ 750 kilogrammes de peinture. Outre l'aspect très réaliste de la toile, presque en trois dimensions, le décor entre nous et la toile magnifiquement mise en valeur permet de se sentir plonger dans cette bataille: il y a même un faux arbre tellement identique à eux présents sur la toile que je met un moment à voir qu'il n'est pas peint mais bien là à quelques mètres. L'illusion est remarquable, surtout grâce à l'éclairage de la pièce identique à celui de la toile.

   En sortant nous nous posons au soleil une bonne demi-heure avant de filer à la gare. Et oui, aujourd'hui nous prenons le train. C'était notre dernière chance pour faire du stop, et Kasia nous aurait dit exactement où aller, mais je suis encore malade, je préfère prendre le train cette fois-ci. Le bus de dimanche nous a suffit, et nous préférons payer un peu plus pour voyager un peu plus vite. Un peu moins de 50 zlotys chacun pour 4h30 de trajet, pour moins de 300 kilomètres. Ca passe. En attendant le train nous buvons un coca avec un étudiant polonais, Wojtek. Il nous aide un peu.  Notre train doit arrivé sur le quai numéro trois. Mais ici, sur un quai il y a deux voies. Bref, un train arrive, Bastien demande à une jeune fille si c'est bien le train pour Cracovie, elle répond par l'affirmative. Je ne sais pas trop ce qu'il lui a vraiment dit, en tout cas, nous nous installons dans un compartiment pour voir arriver par la fenêtre un second train, sur l'autre voie. Lequel est le bon? Je demande à un passager qui me dit que ce train ne va pas à Cracovie! Il faut vite changer, en courant! Pas de soucis cette fois-ci, car les panneaux au-dessus de la voie indiquent bien Cracovie. Nous nous installons dans un compartiment où se trouve un jeune type ainsi qu'une fille.

   Dans le train je suis à nouveau malade et regrette d'avoir manger le matin. Je prends la décision de passer la nuit dans une auberge de jeunesse, pour ne gêner personne. Quant à Bastien il retournera chez Bogumicha (petit nom inventé par Bastien himself). En effet le type qui devait nous héberger ce soir nous a complètement oublié, a fait le mort. Pas cool. Le trajet est long et les toilettes moins chouettes qu'à Wroclaw. Je demande à Bastien des médicaments, et découvre qu'il avait du spasfond depuis le début. Bon. En tout cas ça fait du bien.

   De retour à Cracovie, un peu notre chez-soi en Pologne, je trouve un lit au Mama's Hotel. Les auberges en Pologne ne sont pas aussi bien que dans d'autres pays, mais ça ira. Puis, à la recherche d'un endroit chaud, Bastien et moi entrons au Wedel, un grand et beau salon de thé qui se révèle être un chocolatier. Wedel est une maison réputée depuis plus de 150 ans. La clientèle est assez bourgeoise ce soir, Bastien et moi avons un peu l'air de rock stars, genre on peut se payer ce qu'on veut ici. Nous goûtons à la spécialité de Wedel, un chocolat chaud traditionnel, la recette vieille de 150 ans. Je m'attendais à quelque chose de bon, mais pour 12 zlotys, pas à cette explosion chocolatesque, ce raffinement, ce goût pur et exquis! Un chocolat onctueux, qui se déguste à la petite cuiller. Nous prenons notre temps. Je vais mieux.

   En attendant Bogusha devant l'Empik, genre de fnac polonaise, je donne un zloty à un clochard. La conversation s'engage. Je lui parle anglais, il me parle allemand et polonais. J'en profite pour sortir mes quelques mots de polonais, et il me dit que mon accent est excellent. C'est la seconde personne à me faire ce compliment, après Kasia! Elle m'avait dit que je devrais apprendre le polonais. Bogusha arrive. Mais Agata, notre première hôtesse, ne vient pas. Déçus. Bogusha nous aide à acheter de la vodka à ramener (vodka à la cerise!) puis nous passons tous les trois une super soirée dans un petit bar à côté de mon auberge. Nous rions beaucoup!

   Bastien et Bogusha rentrent chez les filles et continuent la soirée avec Maria et Karolina jusqu'à 3h du matin. Je retourne à l'auberge. J'ai du mal à m'endormir, je suis mal, mais la fatigue finit par l'emporter, le spasfond aidant.

 


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Monday 1 June 2009 - Wroclaw, plus belle ville de Pologne

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   Une bonne journée s'annonce. Nous avons confortablement dormi. Il fait beau. Kasia nous prépare le petit-déjeuner et nous offre de la confiture faite par sa grand-mère. Nous devons tout de même nous dépêcher, Jasiek est en retard. Il nous dépose, Bastien, Kasia et moi, à un arrêt de tram. Kasia nous dit qu'aujourd'hui c'est la journée des enfants en Pologne. C'est comme la fête des mères, des pères, mais pour les enfants. Et que la ville va accueillir l'Euro 2012 de football, c'est pourquoi il y a déjà eu beaucoup de rénovations, de maisons repeintes. Nous laissons Kasia là, et prenons le tram (sans payer, ça devient une habitude) jusqu'à la place du théâtre, où se trouve aussi un joli petit opéra. De là nous marchons jusqu'à la place du marché.

   A Wroclaw il y a  un nombre incroyable d'églises et cathédrales, plus d'une vingtaine rien que dans le centre. Et de ponts! La ville est appelé ville aux cent ponts. Plusieurs rivières, de grands parcs, des îles. Et des nains. En effet la ville compte plus de soixante-dix nains en bronze disséminés un peu partout. La ville, bien que quatrième plus grande ville de Pologne, est chaleureuse, accueillante et magnifiquement belle. Il n'y a pas trop de monde dans les rues, c'est très agréable. On s'y sent bien, quoi.

   Nous commençons par un tour sur la place où se déroule une sorte de jeu, avec des pom-pom girls, plein d'enfants (nous allons en croiser une quantité phénoménale). Je fais un tour à l'office du tourisme pour prendre une carte, histoire de compléter celle du Routard. Au centre de la place trône l'hôtel de ville, de style gothique tardif. Tout autour, de jolies et vieilles maisons peintes avec des couleurs vives. Cette place, plus petite que celle de Cracovie, est à mon goût bien plus jolie. Nous montons ensuite quelques étages dans l'église Sainte-Marie-Madeleine pour voir la ville de haut. Malheureusement, nous avons mal choisi l'église. Ici nous nous trouvons entre deux tours, si bien que nous ne voyons pas à 360 degrés. Tant pis. En redescendant nous devons éviter les quantité énorme d'enfants, encore, avant de discuter avec un prêtre. Celui-ci nous parle en polonais un moment bien que nous lui disons que nous ne comprenons pas. Nous arrivons tout de même à lui faire comprendre que nous venons de France, il en est ravi.

   Nous continuons notre visite de la ville en se baladant. Pause près de l'université de philologie. Et peu après 11h, nous louons un canoë kayak pour se balader. Ca coûte presque rien, dix zlotys de l'heure. Certains endroits sont interdits d'accès. Un type nous conseille une rivière sauvage, entourée d'arbres. Nous nous installons, Bastien devant et moi derrière avec l'appareil photo. Le démarrage est difficile, il faut se coordonner. Mais on se débrouille. La balade est très agréable. De la rivière nous n'apercevons pas les immeubles à cause des arbres. On se croirait quelque part à la montagne. Nous avançons difficilement, étant à contre courant. Ca fait vite mal aux bras, mais ça en vaut la peine. A un moment, le courant devient trop fort, nous faisons du surplace. C'est le moment de revenir...A peine plus d'une heure de balade, mais quelle jolie balade!

   Il est temps de manger. Retour sur la place pour déjeuner au Bar Vega, un petit restaurant genre milk-bar végétarien. Nous y mangeons très bien pour l'équivalent de quelques euros. Ensuite, c'est le moment d'un bonne glace! Nous avons repérer un glacier où les gens faisaient la queue quelques heures auparavant. Nous mangeons de délicieuses glaces, donc, assis sur la place, dans les marches de l'hôtel de ville (qui ressemble à une église). La place est pleine d'écoles, d'enfants. A la fête des enfants, les enfants font ce qu'ils veulent! C'est l'invasion! Je commence alors à avoir mal au ventre. Le début de la fin. Nous arrivons tout de même à décoller. Je visite mes premiers toilettes publiques et payants de la journée. Pour aller ensuite sur l'île de Sable, petite île où se trouve Notre-Dame-des-Sables. Deuxième visite de toilettes, différents. Heureusement que j'ai récupéré la carte touristique le matin, où les toilettes sont indiqués! Nous prenons un thé au bar Chic, sur l'île de la Cathédrale, avant de visiter la cathédrale en question et de faire un nouveau tour aux toilettes. Photo. La balade continue, et cette ville me plaît de plus en plus. Nous nous asseyons sur un banc quelques instants, pour savourer le moment présent, observer les gens. Puis retour vers la place en faisant un détour pour voir d'autres îlots, et l'université. Arrivés sur la place et ayant du temps à tuer avant de retrouver Kasia et Jasiek, nous allons sur internet une bonne heure, après bien entendu que je sois retourner aux toilettes pour un concert mémorable, que Bastien se souviendra toute sa vie.

   Un peu plus tard nous retrouvons le couple. Je suis encore bien malade mais je veux quand même sortir un peu. Nous faisons deux bars assez sympas, sans valoir ceux de Cracovie. Je ne bois rien. Nous retournons tous ensemble à l'appartement par le bus. Bastien et moi sommes d'accord pour élire Wroclaw plus belle ville de Pologne. C'est certes petit pour y vivre longtemps, du moins pour moi, mais c'est une ville faite pour les weekends ensoleillés. 


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Sunday 31 May 2009 - Dans un bus qui n'arrive jamais

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   Lever avant 8h après une nuit correcte. La plupart de ceux qui viennent de rentrer ne sont pas encore couchés et arrivent au compte-goutte. J'ai beaucoup de mal à réveiller Bastien. Nous partons aujourd'hui pour Wroclaw (prononcé Vrotswaf), au sud-ouest du pays, et je n'ai pas les horaires de bus. Mais je sais qu'il n'y en aura pas plus de un ou deux dans la journée. Il finit quand même par sortir du lit et préparer ses affaires. Pendant un temps il pense avoir perdu son sweat David Bowie, mais un autre type le lui a récupéré au bar. Il part donc content de n'avoir rien perdu. Nous disons au revoir à ceux qui ne sont pas encore couchés, ou déjà levés, à savoir Venceslas et Jean. Et un autre.

   Nous avons de la chance, la gare routière est à deux pas. Le seul bus pour Wroclaw est à 11h, nous avons donc deux heures à tuer. Bastien se couche sur un banc et finit sa nuit. J'écris un moment avant de faire une sieste. Le bus part vers 11h, mais n'arrive jamais! Il y a environ 380 kilomètres entre les deux villes, mais le bus fait des détours inimaginables et incompréhensibles. Le chauffeur sort parfois de l'autoroute pour y revenir quelques temps plus tard, sans s'être arrêter. La route est pourrie, le bus n'a plus d'amortisseurs depuis bien longtemps. Et il y a de nombreux arrêts et pauses. Bref, nous passons 8h45 dans le bus!!! Je pensais arriver à Wroclaw en milieu d'après-midi, comparé aux autres trajets de bus que nous avons fait. Mais nous arrivons peu avant 20h.

   J'en profite tout de même pour remarquer que les HLM polonais sont presque toujours peints de couleurs vives et gaies, ce qui les rend nettement moins tristes qu'en France. Une idée à importer; quand aux panneaux d'entrée et de sortie de ville, ils sont souvent sur le même poteau, situé à droite quand on entre dans une ville, et donc à gauche quand on en sort. Une économie de poteaux? A part ça, je passe le temps à me reposer, à penser, les yeux fermés.

   A la gare de Wroclaw, Kasia et Jasiek viennent nous chercher en voiture. Le couple, jeunes mariés, étaient les premiers couchsurfeurs que j'ai reçu fin 2008. Aujourd'hui ils nous hébergent. Ils vivent dans un grand appartement avec un autre couple en bordure de la ville. Ils nous offrent à manger et à boire, nous prenons une douche, et profitons de la machine à laver pour faire une lessive. Nous passons la soirée à regarder leurs photos de mariage (où il y avait cent trente bouteilles de vodka!), et à jouer à un jeu terrible, Jungle Speed. Et c'est Bastien qui gagne malgré ses lentilles enlevées et la fatigue (oui, encore fatigué malgré les heures passées à dormir dans le bus).


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Saturday 30 May 2009 - L'enterrement de vie de garçon

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   Tout le monde se lève difficilement, certains n'ont presque pas dormi. La journée commence par un foot. On commence par s'amuser devant les bungalows avant de filer juste à côté sur un terrain. On improvise un match sur la largeur. Dans mon équipe, Venceslas, un de ses amis, Jean, puis un peu plus tard Bastien, qui apportera un peu de tonus à la défense. On perd, mais je met deux buts et Bastien un. Il commence à pleuvoir en début d'après-midi, on arrête à temps. On se douche, Venceslas se douche sous la pluie, à poil (c'est un gage).

   Un peu plus tard, la pluie a cessé, le soleil pointe son nez. On file enfin dans le centre, Bastien et moi dans la voiture de Guillaume, ami de Venceslas qui travaille ici. Tout le monde a rendez-vous dans un centre commercial, où Venceslas doit se déguiser en lapin rose dans les cabines d'un magasin H&M. A partir de là, différents gages: embrasser des vendeuses (seule la première accepte), se glisser dans la vitrine d'un magasin, puis dehors vendre des carottes. Il n'excelle pas dans la vente, même avec un écriteau sur le ventre sur lequel est écrit « Vends carottes, prix libre » en polonais. Il arrive tout de même à vendre quelques unes. Pendant une pause bière, il accepte de jouer aux échecs avec un vieux, mais arrête quand il comprend que le vieux veut jouer pour de l'argent. Puis dans la jolie et chic rue Nowy Swiat, il arrive à échanger une bouteille de vin contre une autre dans un restaurant. Je pige pas trop l'intérêt du gage, mais il y arrive, c'est ce qui compte.

   Il est temps ensuite d'aller manger. Il faut prendre le métro, puis traverser un parc immense dans lequel est le restaurant, près d'un joli lac. Ce n'est pas le genre d'endroit que j'aime: de grandes tales en bois, un orchestre « rock », beaucoup de bruit, le droit de fumer...En plus certains se mettent à commander une quantité d'alcool ridicule (au moins 8 litres de bière, une bouteille de vodka, et quelques bouteilles de vin) alors qu'on est censé être dehors moins d'une heure après. Et tout cet alcool, il faudra le payer. Bref. ON met un temps fou à commander. Je prends des pierogis au chou et aux champignons. Malheureusement il n'y en a plus, et Guillaume, se sachant pas que je suis végétarien, les change. Je me retrouve avec une assiette douteuse. Je goûte un pierogi: bizarre, ce goût. Ca me file la nausée. Bastien me confirme que c'est bien de la viande, je suis dégoûté. Je pars échanger mon assiette contre des pierogis à la fraise, et suis finalement servi (enfin, il faut aller chercher son assiette au bar) quelques minutes avant de partir. De toute façon, il n'y a pas plus de six pierogis dans l'assiette, c'est vite manger. Je suis en mode régime bien malgré moi, mais ça ne me fait pas de mal. Et en mode sans alcool (ou presque), ar je me sens mal depuis le foot sous la pluie.

   Une table nous était réservée pour 22h dans un club de strip-tease. Bien entendu, à 22h on est encore au restaurant. Quelques minutes plus tard on file tous en taxi. Marrant de constater que personne ne paiera le même prix. Le chauffeur de la voiture dans laquelle je suis a mis le compteur, on paie environ 25 zlotys. Certains paieront jusqu'à 40 zlotys pour le même trajet. En arrivant, bien sûr on a plus de table, mais ce n'est pas très grave, on arrive à s'asseoir ensemble. Le club est rempli de vieux types venus mater des jeunes femmes qui se déshabillent en dansant sur des estrades ou qui font une espèce de strip-tease personnel, parfois à deux sur le même type. C'est rigolo un moment, mais quelque peu dérangeant: ce culte de la femme-corps, qui n'a ni nom, ni personnalité, est très particulier. Elles sont à la fois les servantes et les déesses de quelques types qui n'ont rien d'autre à faire le samedi soir que de venir regarder des filles. En tout cas, Venceslas a droit à son strip-tease, avec deux filles collées à lui. D'abord réticent, mais aussi complètement bourré, il se laisse prendre au jeu pour finir avec la tête du gars qui a vu dieu. Ensuite, il dort sur le canapé, saoul comme d'habitude, en faisant de beaux rêves, j'espère. On reste encore un peu, et c'est au tour de Bastien, bien entamé lui aussi, d'avoir la tête qui tourne face à temps de filles. Il glisse deux billets (dont un de 100 zlotys, l'abruti, alors qu'il croyait que c'était 10) dans les strings de deux filles. Il ira même jusqu'à chiper le billet de dix tout juste offert, sans que la fille ne s'en aperçoive, pour le glisser à nouveau. Coquin. On quitte heureusement le club peu après, je commençai à m'ennuyer.
On marche un peu, Bastien arrivant presque à voler la vedette à Venceslas. Un peu plus loin, on décide de ramener Venceslas au camping. Jean l'accompagne, et je décide de me joindre à eux. J'ai beau demander à Bastien de venir, il râle violemment et reste. Tant pis.

   Il n'est pas une heure de matin quand on arrive au camping. On couche Venceslas. Je me jette bien au chaud sous la couverture et m'endors. Quelques heures plus tard c'est Bastien qui arrive discrètement. N'étant plus saoul il a décidé de rentrer seul en taxi. Le reste de la bande rentre au petit matin.

 


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Friday 29 May 2009 - Varsovie

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   Aujourd'hui, à Kazimierz Dolny, il pleut. Heureusement, nous avons nos k-ways! Et c'est la capuche sur la tête que nous nous promenons longuement au bord de la Vistule, d'abord en suivant le chemin pavé, puis en s'enfonçant dans un chemin boueux pour atteindre une petite plage déserte. Il a beau faire un temps pourri, la magie marche toujours. Tout seuls, la pluie battant le sable sous nos pieds. Je me sens comme un aventurier perdu au fond d'une jungle, quelque part à l'autre bout du monde.

   De retour au village, nous prenons un thé (et un grand café pour Bastien) dans un petit café sur la place. Je renverse en partie l'eau chaude (il faut dire qu'ici le serveur, c'est souvent soi-même) de ma tasse et Bastien se met à fumer alors que c'est interdit. Le barman lui montre d'ailleurs clairement l'écriteau. Nous retournons ensuite à l'internat pour passer un long moment sur internet et récupérer nos sacs avant de rejoindre l'arrêt de bus.

   Direction Varsovie, la capitale, pour l'enterrement de vie de garçon d'un pote, Venceslas, qui se marie en août. Pendant le trajet Bastien dort, comme d'habitude. Je dors aussi un peu, profite du paysage. Arrivée à Varsovie à 16h, en plein centre, devant le Palais de la Culture et de la Science, énorme immeuble stalinien offert par Staline lui-même en 1950, tel qu'on peut en voir à Moscou. De là, un peu perdu face aux transports, nous décidons d'aller au camping à pied. Celui-ci est situé dans la rue principale de Varsovie, coupant la partie ouest de la ville horizontalement: Jerozolimskie, où nous nous trouvons. Il suffit de suivre la route pendant quelques kilomètres (elle est immense). Marcher nous permet de découvrir la ville. Si Cracovie est comparable à Toulouse, ici, j'ai l'impression d'être dans une petite Moscou, avec moins de charme. De grands immeubles partout, sans homogénéité, de nombreux passages souterrains pleins de magasins (comme en en trouve à Moscou), une circulation dense. Les gens marchent vite, les filles sont toutes très maquillées. La ville possède tout de même un atout: ses immenses parcs. Certains sont de vraies forêts.

   Nous arrivons au camping vers 17h, prenons un bungalow. Nous sommes les premiers arrivées, et pendant longtemps les seuls. C'est quand nous décidons finalement de sortir que tout le monde arrive: Venceslas, Jean (avec qui j'étais en classe en première), Guillaume, Anto, Alexandre et ses autres amis. On est environ quinze. Anto, l'organisateur, décide de faire un pot commun. Il avance l'argent à Bastien et moi. Cela se révèlera une mauvaise idée, à la vue de mes dépenses réelles du weekend. Mais bon tant pis. Ils organisent un barbecue pour la soirée. Soirée barbecue-bière-pastis-cigarettes. Le genre de soirée que je ne supporte pas du tout. Mais bon...Par contre Bastien est vite dans son élément. Au début timide (il connaît à peine Venceslas), il trouve vite ses marques.

   Je me couche peu après minuit, Bastien me rejoint, mais dans l'incapacité de dormir, il se relève plusieurs fois pour sortir. Il est vrai qu'il font un bruit épouvantable, il m'est impossible de dormir. Ils crient, chantent, crient encore, pleurent, s'engueulent et se saoulent. Et juste quand je commence à m'assoupir, quatre d'entre eux entrent avec fracas, sautent se Bastien, puis, voyant leur erreur, sautent sur moi. Après ça, impossible de dormir. J'écoute. Des types de la sécurité du camping débarquent, mais ça ne change pas grand-chose. Je m'endors finalement au petit matin, quand tout le monde se couche enfin.


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Thursday 28 May 2009 - Un petit village féérique

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   Aïe! Réveil difficile après deux heures de sommeil. Bastien et moi quittons discrètement l'appartement avec Bogumila, qui a un train pour Wroclaw où elle vit quand elle n'étudie pas. Elle nous laisse vite en plan, car elle est déjà en retard. Bastien et moi allons au bord de la route, au nord-est de la ville, près de l'autoroute, pour faire de l'auto-stop. Mais au bout de vingt minutes, deux personnes nous ont déjà fait signe de la main qu'on allait rester là (en fait j'apprendrai plus tard qu'ils nous disaient simplement qu'ils restaient dans le coin en pointant un doigt vers le bas). Crevés, nous décidons de prendre un bus. Nous filons à la gare routière. Le bus pour Pulawy, d'où on prendra un autre bus pour Kazimierz Dolny, nous coûtent moins de dix euros chacun. Je m'attendais à plus. Nous profitons des quatre heures et demi de trajet pour dormir.

   A Pulawy, un minibus nous emmène jusqu'au village de Kazimierz Dolny, petit village historique et artistique au bord de la Vistule. Ici beaucoup de jeunes artistes viennent pour peindre. Il est vrai que le cadre est magnifique. De jolies petites maisons au bord de l'eau, entouré de collines vertes. La petite place du village est très belle, avec un vieux puits en son centre. Bref un village possédant un charme fou.

   Après une pizza en terrasse, je passe une heure à chercher un café internet. J'ai besoin d'aller voir mes mails pour savoir quelle est l'adresse du lieu qu'une couchsurfeuse du coin nous a gentiment réservé. Le seul ordinateur de la place, dans le restaurant où l'on a mangé, est pris. A l'office du tourisme on me dit d'aller à la bibliothèque. Et en effet, j'y trouve un ordinateur, et en plus c'est gratuit. Quelques temps plus tard, Bastien et moi arrivons dans un internat, plein de jeunes. La dame qui s'en occupe ne parle pas très bien anglais, mais elle est gentille et tout se passe bien. On a une chambre quadruple pour vingt huit zlotys chacun. Et on a la chambre rien que pour nous, une chambre très bien. Je me douche, Bastien dort, encore.

   Vers 17h, nous ressortons pour visiter. Balade au bord de la Vistule sur laquelle quelques bateaux se promènent, visite des ruines du château et de la tour de guet datant du XIVème siècle avec à la clef une vue imprenable sur le village et la Vistule au coucher du soleil, promenade dans les petites rues pittoresques autour de la place. Et retour à l'internat pour se reposer, écrire, lire et dormir. 

 


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Wednesday 27 May 2009 - Au camp de la mort

Publié dans Pologne

   Lever à 7h, mais pas à l'aube, car l'aube a lieu ici vers 4h30. Bogumila nous offre le petit-déjeuner, elle est sortie dès 7h pour nous acheter de délicieux beignets. Je croise deux filles des autres chambres.

   Bastien et moi sortons vers 8h pour aller à la gare routière. Nous avons du mal à la trouver, un jeune parlant anglais nous aide. Quand nous arrivons à la gare, je croise par hasard le bus indiquant Oswiecim qui s'en va. Je le stoppe, appelle Bastien.

   Environ une heure et demi de trajte pour arriver devant l'entrée du camp-musée d'Auschwitz. Malgré la pluie, il a énormément de monde, surtout des groupes de touristes ou d'écoliers. La visite commence par Auschwitz 1, camp fait de grands bâtiments transformés en lieux d'exposition. A l'entrée: « Arbeit macht frei ». Certains bâtiments sont destinés aux pays victimes du nazisme. Nous visitons ceux consacrés à la Pologne et à la France. Dans ce dernier, inauguré il y a quelques années par Jacques Chirac, est évoqués l'indifférence de la plupart des français à l'antisémitisme, la résistance et les plus de deux milles Justes français. Une salle est pleine de photos d'enfants français étant passés par Auschwitz. Chacune indique où l'enfant vivait. Je trouve notamment la photo de Simone Weill. Il y a aussi ds photos de bébés. La plupart de ces enfants ont été tués ici, dans les chambres à gaz. Soixante-neuf milles français sont passés ici.

   Dans d'autres bâtiments sont exposés les objets volés, les méthodes d'extermination, la vie des prisonniers. Très impressionnant, surtout ces salles remplies de valises, de chaussures, de chaussures d'enfants, de tonnes de cheveux dont les nazis faisaient du tissu (un rouleau est exposé). Les murs des couloirs de ces bâtiments sont recouverts des photos des prisonniers. Et oui, les naeis prenaient en photo les prisonniers, pour les reconnaître quand ils étaient morts. Ils ont arrêté de prendre certaines personnes en photo (comme les juifs) après un temps. On visite aussi le bâtiment de la seule chambre à gaz du premier camp. Curieux de voir les gens faire la queue pour entrer dans un bâtiment où personne ne voulait entrer il y a encore quelques dizaines d'années.

   Après avoir mangé dans un fast-food à l'extérieur du camp, nous prenons un bus gratuit qui nous mène à Auschwitz-Birkenau, le second camp situé à trois kilomètres. Ici, pas d'exposition, juste le camp tel qu'il était (même si la plupart des baraquements sont détruits). Ce qui impressionne le plus, après cette entrée lugubre, les rails passant sous cette porte sombre, c'est la taille du camp. Immense. Trois cents baraquements (une quarantaine encore debout) dans lequel s'entassaient plus d'une centaine de milliers d'hommes. Des baraques pour les toilettes. Pas de douche, à part celles du bâtiment d'arrivée, où les arrivants se déshabillaient, se lavaient, mettaient leur « pyjama », se faisaient tatouer. Mais pour environ soixante pour cent des prisonniers, il en était tout autrement: tous les gens qui n'étaient pas aptes à travailler, c'est-à-dire les femmes enceintes, les vieux, les malades, les enfants, ne sortaient du train qu'au bout des rails, tout au fond, à la lisière d'un bois. Entraient dans des bâtiments. Et n'en sortaient jamais, finissant brûler dans les fours crématoires. Ou, dans d'autres chambres à gaz un peu plus loin, les cadavres se faisaient brûler à l'air libre.

   Les baraques ici n'ont rien à voir avec les grands bâtiments de Auschwitz 1: le camp de Birkenau était d'abord des écuries, c'est pour ça que les premiers baraquements étaient (et sont toujours) en bois. Tous les autres sont en briques. Dans tous ces bâtiments, rien d'autres que des rangées de planches en bois servant de lits, sur trois niveaux. Chaque « lit » fait à peu près la taille d'un lit double, pour moins d'un mètre de haut, et contenait jusqu'à huit hommes. Sur le sol, la terre. C'est tout. Les toilettes sont dans d'autres bâtiments et ne sont qu'une double rangée de trous. Les conditions d'hygiène étaient horribles, beaucoup de gens étaient malades. Il y avait d'ailleurs un bâtiment d'isolement.

   Si dans l'entrée les groupes pullulent, le camp est tellement gigantesque qu'il est assez facile de se retrouver isolé. Bastien et moi passons la qusi-intégralité de la visite de Birkenau seuls. Il est curieux de constater qu'un des lieux les plus emblématiques de la cruauté humaine est aujourd'hui si agréable, presque joli. Birkenau est aujourd'hui une grande plaine devant un bois. Les oiseaux chantent, le calme règne, il fait beau. C'est dans cet état d'esprit , paisible, bien, que j'entreprends ma visite. Nous découvrons notamment les ruines des chambres à gaz les plus isolées, dans un bois. Il y avait tellement de monde qu'il fallait parfois attendre plusieurs heures dehors avant de mourir gazer. Les corps étant ici brûler à l'air libre, j'imagine que les gens pouvaient voir le sort qu'il leur était réservé, et qu'ils avaient le temps de ne penser qu'à ça pendant un moment, avant de se voir pousser, corps nus, vers les bâtiments dont ils ne sortaient jamais vivants. Au milieu d'une de ses chambres à gaz pousse une fleur. La nature reprend toujours ses droits, quoi que l'homme fasse. N'oublions pas que la cruauté humaine existe toujours, et partout, sous différentes formes. 

   Le soir, de retour parmi les vivants. C'est le moment de faire la fête. Nous rejoignons Kasia, une couchsurfeuse à qui j'avais donné mon numéro de téléphone. Nous regardons tous les trois la finale de la coupe des champions, tout en discutant. Puis Bastien et moi retrouvons Bogusia (comme en Russie les gens ici ont leur prénom et leur diminutif), Maria, Carolina et Connor, un couchsurfeur américain qui tourne en Europe. On se fait une soirée d'enfer dans un nouveau bar-karaoké. Le barman nous invente des cocktails à base de vodka, ça nous permet de pas trop dépenser. Tout le monde paie au moins une tournée! On hésite longtemps à chanter, je sens que Carolina en a très envie. Quand on se décide enfin, le bar a quasiment fermé, le dj n'est plus là depuis un moment.

   On poursuit la soirée chez les filles, en essayant de faire le moins de bruit possible à cause des autres locataires, pour finir par se coucher alors que le jour se lève...


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Je m'appelle Vincent. Quand je n'essaie pas désespérément de faire du cinéma, je voyage. Plus d'informations sur www.vincentgaliano.com
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