vendredi 24 octobre 2008 - Fin de mon passage en Russie
Dernier jour en Russie, passé avec Lisa. Après une petite balade on prend un bus pour l'île X, où se trouve le Kunstkamera, un musée d'anthropologie qui présente la vie de différentes ethnies du monde à travers divers objets, vêtements et maquettes: Indonésie, Japon, Inde, Amérique, etc. Mais surtout on trouve dans ce musée la collection de « monstres » de Pierre le Grand. En effet il adorait toutes les bizarreries humaines, l'anatomie, les « freaks », et collectionnait tout ça dans des bocaux de formol. On trouve des enfants (enfin plutôt des foetus) à deux têtes, avec des malformations diverses (hernie du cerveau, à voir), différents siamois. Aussi des lèvres (seulement des lèvres, c'est bizarre), des « conduits visuels » (connaît pas le nom), des coeurs, venant de collections de docteurs anatomistes. Et le tout date de quatre cents ans! Quatre cents ans enfermés dans du formol! Ca me plaît beaucoup, c'est un super musée, et je pourrait y aller toutes les semaines. Et avoir ma propre collection...
Nous buvons ensuite un thé dans un bar genre le Shanti à Toulouse, allongés sur des coussins. Puis dernier tour sur la Nevski jusqu'à la gare. J'achète deux souvenirs pour les filles qui vont m'héberger à Riga et Berlin et on rentre.
Anton est sorti voir des potes. Je reste avec Lisa, fais mon sac, écoute de la musique. Nastya se prépare entre deux X à partir à Moscou: elle vient d'apprendre le décès de sa grand-mère. On mange un peu de pâtes, j'ai moins faim que je pensais, même si j'ai peu mangé aujourd'hui. Vers 23h on sort acheter des bières pour Nastya. Anton revient cinq minutes avant que je ne partes. On se dit au revoir, je le remercie.
Je quitte Saint-Pétersbourg vers minuit dans un bus Eurolines, pour Riga. A la fois soulagé et triste. Nostalgique. Gros coup de blues. Le passage à la frontière se passe bien même si la douanière passe dix bonnes minutes à regarder mon passeport, elle pense que c'est un faux et le trouve vieux. Elle le tord et le regarde dans tous les sens. Mais elle finit par céder et je quitte pour le bon la Russie. Un pays si particulier, si différent. Qui ne ressemble à rien que je ne connaissais auparavant. Un pays qui a une âme forte dans lequel je reviendrai un jour. Mais pas avant un moment quand même.
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jeudi 23 octobre 2008 - Balade dans Saint-Pétersbourg
Lisa et moi arrivons à Saint-Pétersbourg en milieu de matinée. C'est le chef de wagon qui nous réveille, plusieurs minutes après l'arrêt du train. Tout le monde est sortit depuis longtemps.
Après avoir déposé mes affaires chez Lisa, je sors me balader sur l'île Petrogradskaya, je visite l'Aurore, le cuirassier qui a symboliquement pris la ville en tirant un coup de canon à blanc en 1917. Je passe rapidement faire un tour à la forteresse Pierre-et-Paul, lieu de naissance de Saint-Pétersbourg, mais sans rien visiter, juste en marchant. Un peu plus tard, Lisa et Lef (colocataire de Lisa) me rejoignent devant l'Ermitage, on mange quelques beignets.
Alors que la nuit est déjà tombée, Lisa m'accompagne à un magasin de musique très sympathique et cosy: on peut y écouter tous les cds, et les vendeurs sont très accueillants. Je suis là pour un best of DDT qu'ils n'ont pas, mais quand je demande de bons groupes russes, l'un des vendeurs me trouve une pile de cds à écouter qui 'en finit jamais! J'écoute, et lui cherche et m'amène ce qui pourrait m'intéresser. J'en écoute à peu près dix, sans compter quelques uns que je laisse à Lisa. J'en achète finalement trois. On file ensuite à l'ancien appartement, près de la Nevski, pour récupérer les affaire d'Anton et quelques uns de mes livres. Je dis au revoir à la coréenne et on prend un minibus communautaire pour rentrer. A l'intérieur du bus, il y a plein de monde, et nous on est très encombré, et encombrant: trois sacs, une guitare, c'est le gros bordel et on se marre bien.
A la maison Anton et Nastya ont préparé une soupe délicieuse aux pommes de terre, champignons (les miens), carottes et oignons.
Plus tard dans la soirée, Anton et moi rejoignons Moutabor et deux autres gars dans un bar appelé le XXXX, un bar à l'américaine, avec beaucoup d'ambiance, des danseuses à moitié nues qui dansent le sur le bar. Et deux français rencontrés par hasard, dont un qu'Anton connaît bien. Je passe d'un groupe à l'autre et passe une bonne soirée, on rentre très très tard, ou très très tôt.
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mercredi 22 octobre 2008 - Au revoir Moscou
Dernier jour à Moscou. Anton est rentré à Saint-Pétersbourg dans la nuit. Lisa et moi commençons par laver mon linge chez ses parents. En début d'après-midi nous achetons nos billets de train. Puis nous rejoignons la belle-soeur de Lisa pour visiter le musée Pouchkine, celui que je n'avais pas visiter quelques jours plus tôt. Magnifique collection de peinture moderne, dont quatre Van Gogh et six Monet. Sans compter les Sisley, Picasso, Léger, Renoir, Manet, Pissaro, Vlaminsk et tout et tout.
En début de soirée Lisa et moi rejoignons Dacha au Philharmonique de Moscou pour écouter gratuitement un concert de musique classique, le copain de Dacha jouant dans l'orchestre. Comment rentrer gratuitement? Facile, en entrant normalement par un portique inutilisé et éloigné des caisses, puis en demandant à une ouvreuse où se placer. Tout le monde s'en fout de toute façon. Mieux remplir les places vides est une politique qui manque dans notre Occident capitaliste. On a de très bonnes places en plus, au milieu, en face de la scène, à hauteur des balcons latéraux où sont les choeurs. Première partie: Beethoven, il fait son grand retour dans les bacs après une longue absence. Puis vint Malher, très bien, que je connaissais peu et qui me fait penser à de la musique de films, genre John Williams. Par contre les morceaux avec les choeurs (femmes et enfants, plus une chanteuse) sont franchement pas top.
Après ça, nous rentrons, rangeons l'appartement avant de filer en vitesse (mais correctement, il est hors de question que je laisse quoique ce soit en désordre) récupérer mon linge. On arrive à la gare vingt minutes avant le départ, ouf! Par contre on dort au-dessus d'une femme et de son enfant, et on entre dans le wagon au moment où elle le change. Pas de bol, on rigole, le temps que l'odeur passe. Et on s'endort comme des bébés.
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dimanche 19 octobre 2008 - Balade nocturne
Retour d'Anton. Je me lève fatigué.
On commence par aller voir Dacha l'après-midi, la fille qui nous a prêté l'appartement avant de faire une longue balade dans Moscou. On passe de nuit par la Place Rouge entourée de lumières, notamment celles, nombreuses, du Goum, une célèbre galerie marchande. On longe le Kremlin. Moscou est très éclairée la nuit, et les milliers de feux des voitures dans les embouteillages y sont pour beaucoup. On s'arrête dans un bar-restaurant typique où des jeunes font une énorme fête autour d'une table. On écoute quelques instants un groupe qui joue à l'entrée du métro. Et on rentre.
En arrivant je m'aperçois de la largeur de l'avenue près de laquelle on vit. C'est plus large que le périphérique et on est pourtant encore assez proche du centre (quatre arrêts de métro). Au milieu: des voies rapides, cinq dans chaque sens. Et sur les côtés quatre autres voies à chaque fois pour aller dans les rues adjacentes. Ca fait dix-huit voies. C'est très impressionnant.
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samedi 18 octobre 2008 - Lost in Translation à Moscou
Une fois n'est pas coutume, je me lève en début d'après-midi, un peu énervé sans savoir pourquoi. Je file vers le centre et visite la Cathédrale du Christ-Sauveur, une sorte de Sacré Coeur au bord de la Moskva, très célèbre. Blanche, immense, toit doré. Elle fut rasée par Staline et remplacée par une piscine puis reconstruite dans les années 90. A l'intérieur on passe devant plusieurs boutiques avant de voir une multitude d'icônes dorées devant lesquelles les croyants russes se signent machinalement. Une femme vient me voir et me dit de me signer. Elle n'arrête pas de le faire, même en marchant. J'ai l'impression d'être dans le temple d'une secte post-apocalyptique vénérent un hippie barbu. Incompréhensible. Je sors, direction le musée Pouchkine.
Il y a deux musées Pouchkine côte à côte, celui qui m'intéresse est celui consacré aux impressionnistes et post-impressionnistes. J'entre, ma carte étudiant dans la poche, prêt à la dégainer. Mais face à la caisse (enfin, juste à côté pour ne pas gêner) je passe plus de cinq minutes devant un panneau en russe à tenter de comprendre si les étudiants paient quelque chose ou pas. Je ne veux pas payer le prix fort, et je ne veux pas passer pour un idiot. Je sors. Erre dans le quartier. Retourne vers la Place Rouge. En fait la vraie traduction devrait être la Belle Place (Krasnaya Plochad). Au sud de la place, derrière la Cathédrale Basile-le-Bienheureux, un immense bâtiment (temporaire je crois) Philips gâche toute la vue. Un peu plus loin sur la place, je passe devant trois russes se faisant photographier avec un jeune homme noir. Juste parce qu'il est noir. Je me sens de plus en plus perdu, je ne comprends plus rien. Ni la langue, ni la religion, ni les gens. Syndrôme « Lost in Translation » mais sans Scarlett Johansson. C'était déjà l'un de mes films préférés, mais j'en ai aujourd'hui un niveau de compréhension bien plus élevé, comme si j'avais été plongé dans le film. Une version russe du film en tout cas. Je comprends que je ne comprends rien. Ce curieux mélange occident-orient, les oppositions athéisme-religion, riche-pauvre, m'embrouillent.
Je finis par rentrer et attends Lisa un moment avant de retrouver la chaleur de l'appartement. Triste journée. Anton revient demain matin.
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vendredi 17 octobre 2008 - Journée de marche dans la jungle moscovite
On arrive à 5h à Moscou après une nuit où j'ai vraiment peu (pas) dormi. Du train, la ville paraît immense, on passe un moment à circuler à l'intérieur avant de stopper. Direction métro, qui n'est pas encore ouvert. On attend aux côtés d'une bonne centaine de personnes. Le métro de Moscou est le plus fréquenté du monde, et aussi le plus beau. Et je découvre tout ça très vite! C'est pire que Mumbaï! La queue pour les tickets fait au moins vingt mètres (à 5h30 du matin) et tout le monde se bouscule. Lisa finit par acheter des tickets à un revendeur. On prend le métro et descend quelque part dans la ville encore sombre pour récupérer les clefs de notre futur appartement, celui des parents d'une des meilleures amies de Lisa, Dacha. Elle n'y vit pas. On a du mal à trouver la rue mais les gens sont assez aimables et nous aident. On finit par trouver l'immeuble. Dacha, complètement endormie, se retrouve soudain dans un état de réveil psychotique (elle a l'air folle à preière vue) pour prendre Lisa dans ses bras. On récupère la clef. Lisa passe un moment à trouver une voiture qui veuille bien nous emmener pour 100 roubles. Et on arrive finalement à l'appartement, il fait toujours nuit. C'est un très bel appartement, de loin ce que j'ai vu de mieux depuis mon arrivée en Russie. Joliment décoré, bien équipé. Mais bon, je suis crevé, je file au lit.
Je me lève vers midi, prends une douche. On mange des pâtes avant de filer sur la Place Rouge. Le temps est pourri, il ne tarde pas à pleuvoir, rien de bien méchant toutefois. J'ai mon k-way! La place est gâchée par une grande tente blanche posée en plein milieu. Mais tout le reste, dont la célèbre cathédrale Basile-le-Bienheureux, c'est grandiose. Ici tout est grand d'ailleurs. Une sorte de New York de l'est, en plus horizontal. Et on pourrait comparer Saint-Pétersbourg à San Francisco je suppose. Les avenues sont immenses et pleines de très belles voitures, j'ai jamais vu ça. Parfois on ne sait même pas comment traverser (il faut trouver les passages souterrains). On se balade donc sous la pluie, en suivant le Guide du Routard. Je trouve notamment une très jolie et petite église coincée entre d'énormes immeubles, l'église de la Sainte-Trinité. Elle date de 1630 et a servi de modèle à de nombreuses autres églises. A l'intérieur plusieurs peintures de Simon Ouchakov, fameux peintre d'icônes. Ses oeuvres font penser à des bandes dessinées, surtout les visages.
Quelque temps plus tard on passe devant le premier McDonald de Russie qui a ouvert en 1990, et accessoirement le plus grand du monde. A l'intérieur des photos du jour d'ouverture montre une queue faisant le tour de la place en face, à peu près grande comme le Capitole de Toulouse. Je n'ai jamais vu un truc pareil. Pour bouffer des hamburgers très moyens en plus. Anton me dira plus tard que la queue si grande, c'était pas seulement le premier jour mais tous les jours pendant plusieurs mois. Un peu plus loin on se promène dans le parc de l'étang des Patriarches, d'où commence le roman de Boulgakov « Le Maître et Marguerite ». On passe aussi devant l'immeuble où l'auteur a vécu. De là, métro, on va voir la mère de Lisa.
Encore une fois, je suis très bien reçu. On dîne d'un excellent et copieux repas végétarien, on discute. Je goûte à des desserts très bons. Puis retour au bercail à pied, m^me si c'est loin. Le temps s'y prête, il fait bien meilleur qu'à Saint-Pétersbourg malgré la pluie. En marchant un gigantesque immeuble tout éclairé où vivent beaucoup de gens riches et célèbres, notamment la chanteuse Maxim, connaissance d'Anto et Lisa (elle sort avec le meilleur ami de Lisa). Je finis la journée très fatigué et préfère éviter de sortir à nouveau. Lisa reçoit quelques amis. Je suis au lit assez tôt.
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jeudi 16 octobre 2008 - Au revoir Babouchka!
Dernier jour au village. Lisa et moi partons à Vyksa se balader au bord du lac, boire un thé. Il fait assez froid. On retourne ensuite au village, je fais quelques courses pour la grand-mère qui ne vit qu'avec 3000 roubles par mois, soit à peu près 90 euros. Et la Russie, c'est pas l'Inde niveau prix. On fait nos sacs. L'adieu est difficile pour la vieille dame qui pleure un peu (à cause de Lisa, pas de moi). Un taxi nous emmène au lieu de travail de Kolia, on passe un bon moment ensemble devant Hancock, avec un russe qui parle dessus pour traduire, on récupère nos tickets. On laisse ensuite Kolia et avec Julia on retourne chez elle. Il y a son enfant qui n'est pas encore au lit et son futur ex-mari. On boit un thé. L'enfant regarde Oui-Oui, la nouvelle version en images de synthèse.
Vers 23h, la mère de Julia et son mari viennent nous chercher pour nous emmener à la gare (on ne part pas de Vyksa masi de la même gare où l'on est arrivé). C'est très gentil de leur part!
Le trai nest à l'heure, en route pour Moscou, capitale de la Russie, et ville la plus chère du monde, qui possède notamment le plus de milliardaires!
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mercredi 15 octobre 2008 - Sortie à Vyksa
Premier plan de la journée: acheter les billets pour Moscou et prendre une douche à Vyksa, le baniaa de la maison, une sorte de construction en bois au fond du jardin qui servait de salle de bain, ne fonctionnant plus. Mais d'abord, une grosse assiette de pâtes!
Illia, le futur ex-mari de Julia et pote de Lisa, vient gentiment nous chercher. On s'arrête voir un pote à lui qui s'occupe de nos billets de train en lui passant la photocopie de mon passeport. Ensuite on va chez Julia et Illia, laisser Illia et récupérer Julia pour partir avec elle chez sa mère. Là-bas on est très bien accueilli. On se douche. On a droit à une sorte de gros goûter avec thé, gâteaux, des trucs fourrés à la pomme de terre. Je n'ai pas très faim mais je me remplis bien le ventre histoire de faire plaisir à notre hôte. Julia coiffe Lisa, une coiffure assez bizarre. Puis on a droit à un second repas préparé par la mère de Julia. Il est 17h, je n'ai vraiment plus faim. Mais c'est pas grave, je trouve toujours de la place: frites, champignons froids et gluants (une préparation russe, très bon mais vite écoeurant) et morse. Le morse c'est une boisson traditionnelle russe vraiment dégueu, à base de céréales et de baies rouges flottant dedans. Bon, c'est pas pire que le kvas, à peu près la même chose sans les baies: c'est fait à partir de fermentation de pain dans de l'eau. Je mange. Je bois. Pas de soucis.
On sort assez tard, mon sac est rempli de champignons séchés, de baies et d'un pot de champignons préparés. On a vraiment bien été reçu, ça fait plaisir. Julia et son nouveau copain Kolia nous montrent un peu la ville, nous en parle. On boit ensuite un verre et joue au billard dans un bar « lounge » quasiment vide, à côté du quel avait lieu un cours de danse (dans le même bâtiment). Ensuite, cinéma! Une seule et jolie salle pour la ville, genre cinéma de village, dans un beau bâtiment. On regarde le gros film russe du moment, une sorte de mélange entre Titanic et Pearl Harbor en nettement moins bien (oui, moins bien que Pearl Harbor): ça s'appelle Admiral. Le film raconte la révolution de 1917 du côté des russes blancs, c'est-à-dire les pauvres aristocrates qui ont perdu. Je ne les plains pas mais les russes adorent. Il faut dire que les gens ici sont de plus en plus anti-communisme et pro-religion. De religion, le film en est bourré, c'est agaçant, le personnage principal se signe toutes les dix minutes. Bref c'était bof.
On finit la soirée en se promenant et en buvant de la bière chez la babouchka.
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mardi 14 octobre 2008 - Dans la campagne russe
Lever à cinq heures du mat', on arrive une demi-heure plus tard à Mouram. Il fait nuit. Le prochain train étant à 7h50, Lisa et moi partons marcher vers le centre-ville. Sur le chemin se dressent d'énormes bâtiments soviétiques genre HLM. On met un moment à rejoindre le centre composé d'une église, d'une petite place et d'une rue éclairée. out ou presque est fermé, on croise peu de gens. Bref ici y'a rien. J'achète des fleurs pour la grand-mère de Lisa et on repart pendant que le soleil se lève doucement.
Encore un train, puis un bus, puis un autre bus avant d'arriver à Borkovka. Juste quelques vieilles maisons en bois joliment peintes, un magasin, une boîte de nuit, un cimetière, une route principale, une forêt. Des tuyaux visibles amènent le gaz dans les maisons, passant ainsi au-dessus des routes.
La grand-mère de Lisa habite dans une petite maison bleue. Elle semble de pas être là. On attend. Lisa fait le tour du quartier, une voisine dit que la grand-mère devrait être chez elle. Et en effet elle est là et fnit par nous ouvrir la porte. Elle est vieille, 74 ans, ce qui est beaucoup pour une russe. Elle fait vingt ans de plus. Qui dit vieillesse dit problème d'audition: elle ne nous avait pas entendus.
Elle est très émue de voir Lisa qu'elle n'avait plus vue depuis deux ans. Je reste un peu dans l'entrée secondaire (il n'y a pas de double porte ici: on commence par entrer dans la maison avant d'entrer dans la partir vivable) le temps que la grand-mère reprenne ses esprits avant de lui offrir les fleurs en récitant les deux phrases que Lisa m'a apprises. Ne parlant pas russe la communication est difficile, l'âge avancée de la vieille dame n'arrangeant rien. On boit du thé et mange des friandises avant de faire une sieste.
La maison a l'électricité, le gaz, l'eau courante mais pas potable. Par contre pas de vraies toilettes. Ici, juste un seau sous un trou en bois au rez-de-chaussée qui sert de grenier/garage, bref un endroit où on range des trucs. J'ai l'impression de voyager dans le temps...
On se lève vers 14h. Je mange des pâtes avec une sauce tomate vite faite. Julie, une amie d'enfance de Lisa qui vit dans la ville la plus proche, Vyksa, vient et on part tous les trois se balader dans la forêt. On passe devant quelques maisons, au bord d'un lac. C'est agréable: pas de bruit, à part le vent qui souffle dans les arbres et nos pas qui s'enfoncent dans la terre. On achète un peu plus tard à boire et à manger et passe la soirée chez la grand-mère, le disco-bar étant fermé.
Après le départ de Julie, Lisa me fait visiter toute la maison avec ses souvenirs: là où il y avait les poules, là où on faisait sécher l'herbe, là où je jouait. On sort ensuite se balader dans la rue sombre puis au cimetière. Il n'est pas encore 22h mais c'est déjà complètement mort. Pas que le cimetière. Tout le village.
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lundi 13 octobre 2008 - Dans un train russe
Après avoir fait mon sac, je rejoins Lisa à la gare vers 15h. On achète nos billets pour Mouram. De là il faudra prendre un autre train, puis un bus pour arriver dnas le village de sa grand-mère. Anton nous rejoint un peu plus tard, on achète de quoi manger. On en a quand même pour treize heures environ.
Le wagon est de style indien, en mieux. Il n'y a pas de compatiment fermés, juste des espaces avec deux niveaux de lits. Une petite table au milieu, un tapis tout propre dans l'allée, un réservoir d'eau chaude disponible à côté de la cuisine dont se sert la dame qui s'occupe de tout le wagon. Le café et le thé sont gratuits.
Le voyage se passe bien. On a tout un espace pour nous, il y a peu de passagers dans le wagon. C'est tranquille. On dort, lit, joue, mange. Rien de particulier. Les couchettes sont confortables et propres, rien à dire, le service du réseau ferrovier est de qualité en Russie.
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Qui suis-je ?
Je m'appelle Vincent.
Quand je n'essaie pas désespérément de faire du cinéma, je voyage.
Plus d'informations sur www.vincentgaliano.com
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